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 Dreamworlds

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AuteurMessage
Mélusine McEwan
● Magic Touch ●

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MessageSujet: Dreamworlds   Mar 17 Mai 2011 - 22:47

[Extrait du carnet des rêves] Nuit du 25.12.12
La salle de bal est tellement immense qu'elle semble ne jamais finir. Le plafond est si haut qu'il en est immatériel. Les murs, eux aussi, sont aux abonnés absents.
Elle a l'impression d'être dans une sorte de labyrinthe gigantesque dépourvu de cloisons.
La sortie est là, quelque part, peut-être à quelques mètres seulement, mais, où qu'elle se tourne, elle ne voit qu'ombre sur ombre. Ces ombres, parées d'étoffes colorées et vaporeuses, ou ceintes de costumes sombres et droits, virevoltent par paire au son des trémolos envoûtant d'un orchestre invisible. Des elfes de maison apparaissent et disparaissent avec de légers « pops » qui viennent rythmer la musique et la font sourire doucement. Ils tendent bien haut leur petit bras sur lequel repose, dans un équilibre précaire, un plateau couvert de flûtes de cocktail ou bien de petits fours alléchants. La chorégraphie est parfaite. Les ombres dansent, les elfes zig-zaguent et elle reste immobile au milieu de ballet.

On dirait presque un de ses cauchemars à l'envers où, d'habitude, elle n'est qu'ombre parmi les vivants. Indétectable. Pire: inutile. Insignifiante. Quantité Négligeable.

Une de ces ombres sans visage se saisit soudain d'elle et l'entraîne dans la danse.
Elle tente bien de résister, de s'offusquer mais son cavalier est sourd, hors d'atteinte. Un deuxième prend la relève. Un troisième. Maintenant qu'elle arrête de se débattre, ils se contentent juste de tournoyer avec elle au milieu des autres. Leurs pas sont cadencés, anonymes. Leur maîtrise est parfaite mais inhumaine. Comme s'ils avaient appris la technique mais avaient oublié d'y glisser un soupçon de personnalité. Voilà ce qui leur manque: la fougue, la passion même de la danse. Ils sont comme des automates qui répètent sagement la chorégraphie apprise. Et elle ne se trouve dans leurs mains que parce que c'est la règle. Un homme, une femme, deux danseurs qui avancent au rythme de la musique. Un, deux, trois, on suit le droit chemin, la norme, les petites cases bien commodes, en s'appliquant à ne pas déborder, à être normal. Des stéréotypes sans excentricités.
Dans leurs bras, elle s'ennuie. Alors, elle en profite pour examiner ce qui l'entoure. Toutes et tous, autour d'elle, exécutent leurs valses à la perfection, une perfection glacée, froide, qui s'arrête aux apparences sans résonner à l'intérieur. Une façade, uniquement une façade, sans chaleur. Vide.
La salle, quant à elle, n'en finit pas de s'étendre. Elle a beau regarder de toute part, elle n'en voit jamais la fin. Elle est pourtant baignée de l'impression qu'elle se trouve à Poudlard mais dix ans au château ne lui ont jamais donné l'occasion de découvrir un tel endroit.
Un quatrième, un cinquième, un sixième.
Elle se lasse un peu de leur silence, de leurs manières polies et distantes. Alors, elle essaie de leur parler, de les interroger, de les provoquer. De susciter une réaction de ces marionnettes autonomes. La fureur monte, précédée de peu par l'agacement. Elle se débat entre les bras anonymes. Son bras se lève, sa main est prête à partir. Les coups sont parfois salutaires.

Mais sa main se fige, s'immobilise dans les airs. Quelqu'un la retient. Emprisonne sa main et la détourne de son cavalier de fortune avec ce petit sourire narquois qu'elle lui connait si bien. Ses yeux bruns pétillent d'un scepticisme amusé.
Il est là, tout d'un coup, comme sorti de nulle part. Elle hésite un sourire, penche pour une tête haute et vaguement provocatrice avant d'abandonner. Elle est contente qu'il soit là.

- Tu danses?
« Je ne sais pas danser. »
- Ne dis pas de bêtises...


D'un geste convaincu, il l'attire contre lui, glisse une main sur sa taille. A travers le tissu de sa robe, elle sent la chaleur réconfortante de sa paume. Elle pose prudemment sa propre main dans le creux de son épaule. Sa peau est douce, tiède. Accueillante. Il enlace leurs doigts restants avant de la dévisager, une petite flamme toujours au coin des yeux.

« Mais... Il n'y a pas de musique... »
- Pas besoin de musique...


Elle le jauge du regard comme si elle essayait de déterminer jusqu'à quel point elle peut le croire. Jusqu'à quel point elle peut dévoiler combien elle a envie d'être convaincue.

- Il suffit juste de savoir écouter.

Il lui lance un de ces sourires comme il sait si bien en faire, avec juste ce qu'il faut d'humour, agrémenté d'une pointe d'ironie et souligné de bienveillance.

- Ferme les yeux.

Si elle avance en aveugle, sûr, au bout de trois pas, elle va se casser la figure. A chacun sa spécialité.
Soupçonnant une nouvelle moquerie, elle hésite mais seulement un instant.

Alors, obéissante, confiante, elle ferme les yeux.

Il n'y a d'abord que le son de leur souffle. Le sien qu'elle retient pour mieux guetter... Guetter quoi? Le bruit de sa robe qui bruisse doucement contre son costume, sous une brusque bouffée de vent qui s'efface aussitôt.
Il y a ensuite la sensation de cette robe sur son épiderme, presque oblitérée par la chaleur de sa peau à lui, de con corps qui frôle le sien, l'enlace et l'enserre. La vague respiration de l'air.
Il y a aussi l'odeur qui imprègne l'atmosphère d'une tessiture si particulière. Quelque chose qui rappelle la terre des chemins éclaboussés de soleil ou la poussière chaude. Note de tête. Cette fragrance qu'elle reconnaît comme étant la sienne. Note de cœur. Et, un quelque chose de plus intimiste qu'elle irait presque jusqu'à identifier comme leur odeur. Note de fond.
Il y a enfin ce goût qui roule dans sa bouche, sur sa langue, qu'elle peine à définir. Elle a l'impression que c'est son parfum qui s'y love. Peut-être aussi un quelque chose qui lui rappelle... Qui lui rappelle quoi, exactement? Le sens du goût est toujours lié chez elle à des souvenirs. Oui, un quelque chose de sucré, très légèrement sucré, une pointe d'acidulé, un fruit mûr et encore chaud de soleil.

Il devrait y avoir autre chose.

Elle fait abstraction du reste, ferme les yeux plus fort. Et attend. Entend.

Alors, elle n'entend plus que son propre cœur, qui bat comme un tambour de guerre. Vite et fort. C'est de sa faute à lui.

Sa perception s'affine. Elle en entend comme un écho. Elle guette cette pulsation lointaine. Qui résonne. Qui s'affirme. Il est là. Il vibre tout aussi fort.

Sans se concerter, leurs rythmes cardiaques s'ajustent l'un à l'autre. Elle a presque l'impression qu'ils sourient. Ou qu'ils dansent.

Leurs battements se transforment doucement en un tempo lent et rythmé. Tango. La voilà leur musique.

Les yeux toujours fermés, ils commencent à danser. Au lieu de lutter comme elle sait si bien le faire, elle s'abandonne et se laisse porter. Sans s'en rendre compte, ils se mettent à évoluer dans la salle. Salle qui se vide, les ombres se floutent. Tout ce qui n'est pas eux devient fumée. Disparait. Il n'y a plus qu'eux mais ils ne s'en rendent pas compte. Le rouge et le noir de leurs tenues s'hybrident, leurs souffles se mêlent. Le ciel s'ouvre grand au-dessus de leurs têtes et le soleil fait des arabesques sur leurs peaux.


Leurs bouches se frôleront par hasard. Avant de se retrouver, volontaires.
Leurs gestes danseront doucement. Le temps oubliera de filer, s'arrête.
Leur tango se poursuivra à l'horizontal. Le rythme sera parfait.
A chacun sa façon de toucher à l'éternité.


Pour l'instant, ils dansent.




« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
I wrote down ‘happy’.
They told me I didn’t understand the assignment,
And I told them they didn’t understand life. »
John Lennon
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