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 Texte d'Automne

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AuteurMessage
Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Texte d'Automne   Lun 1 Nov 2010 - 22:57

INSCRIPTION

Pseudo de l'artiste : Mélusine Very Happy
Lot de contraintes : Lot 2 ~ texte poète
Participation : je participe au concours [ ] inscription libre [ ] je suis un boulet [X]

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Réservé au jury :

Titre de la chanson : ........................
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La 25ème heure





Il y avait en plein automne
Une heure qui n'existait pas,
Un très long minuit monotone,
Où le monde se mettait au pas.

Le coeur de la nuit est paisible,
Une silhouette seulement se noie
Dans l'océan des impossibles
Où l'on se perd quelques fois.

Au coin de la rue, un ivrogne,
Que l'alcool rendait heureux,
Chantait tout bas mais à personne,
Un air vaguement libidineux.

"Je mets mon cal'çon aux enchères,
Au plaisir du plus généreux.
Mon cal'çon, une terre étrangère,
Accueille les plus aventureux.
Mon cal'çon, bien sous tout rapport,
Vous offre le couvert pour la nuit;
Pour combattre le froid dehors,
Mon cal'çon est un aguerri.
Mon cal'çon n'est pas farouche
Il prête même un bout d'son lit."

Ce type, final'ment un peu louche,
Continua sa litanie.
Mais Mélusine n'écoutait pas,
Perdue dans au creux de son enfer
Où le monde mettait à bas
Les jolis sentiments d'hier.
Automne. Les premières feuilles tombent déjà, roussies,
Mortes d'avoir trop aimé le soleil et la vie.



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Octobre sous un ciel gris.
Des larmes de pluie au goût de pleurs.
Les yeux se voilent sans éclaircie,
Un poids lui tombe sur le coeur.

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Octobre dans le sein d'une ville
Où tout lui devient étranger;
Mëme ailleurs n'est plus un asile
Où il fait bon aller rêver.

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Octobre au creux d'un végétal.
La sève se fige, l'espoir se meurt.
Le fond de l'air devient létal,
La mort se distille en douceur.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Octobre sur les débris de verre,
Un coup de poing, la main en sang.
Le désespoir se fait propsère,
Elle attend depuis trop longtemps.




Je vis, je cours, je dors, je rêve, je rame, j'ai peur.
J'ai toujours eu, je crois, la folie des grandeurs.
Je veux goûter à tout, un concentré de vie,
Sans savoir dessiner des limites définies.
Incapable de dire "stop", je vais toujours trop loin,
Je m'égare de partout, je me perds en chemin.

On fait du mal aux autres, à n'vivre que pour soi-même,
Mais c'est pour fort que moi, je vis dans les extrêmes.
Je veux les rires, je veux les larmes et la douceur,
Je veux la violence, la beauté, la noirceur.
Par-dessus tout, je veux briller avant d'm'éteindre,
Dire que j'ai vécu sans jamais me restreindre.

Le temps est un bourreau qui dissèque les heures.
Je fuis, j'ai mal, je crie, je mens, je pris, je pleure.

Car, comme souvent, l'automne est le temps des fantômes.
Tout revient en rafale, sans même s'annoncer.
J'étais sûre, pourtant, d'avoir tout verrouillé.
... J'ai encore sa chaleur dans le creux de ma paume.


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]....
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Fear to feel.
Pray to veil.
Dare to care.

That was then, it is now. This now tastes bitter.
May I try once again? I'm not such a gambler.
Fate is a strange game, where everybody loose;
It seemed to look away and caught us in a noose.
This story is unfair, I should have guessed before,
That play with his feelings will drive me to loose him.
I'm driving him insane, his love for me will dim.
A new pitiful loss , I won't stand anymore.


J'ai la tête hantée, le cœur plein à vomir.
Indigestion d'émoi, overdose de souv'nirs.
Victime d'illusions, consentante à crever.
J'avais envie de croire à cette réalité.
Et j'ai le cœur carié, dévoré par deux vers,
Qui le font sonner creux et le mettent à l'envers:
Il aspire tout à lui au lieu de se répandre.
Le reste de mon corps semble en dev'nir exsangue.
J'ai peur qu'un beau matin, il n'implose tout court.
On ne devrait jamais multiplier l'amour.

La tête assaillie de rêves pandémiques,
Je ne récolte que des crises acataleptiques.


Mon premier est un rêve, un précieux talisman,
Qui à sourire me laisse le coeur incandescent,
Qui donne envie de vivre pour goûter le meilleur
Et dont l'absence confine au contraire du bonheur.

Mon second est cet Autre qui me rend incomplète,
Qui s'exile lui-même dans le secret d'sa tête,
Qui ouvre grand les bras pour les fermer trop vite,
Qui un jour me fascine, le lendemain m'évite.

Ma troisième s'y perd. Ma troisième, c'est moi,
Qui ne sais pas aimer, qui ne sait plus haïr,
Qui reste à contempler Orion et Altaïr;
Qui se cache, qui se terre et qui ne comprend pas.

Mon tout est un mystère, une soupe aux hérissons,
Une pelote d'épingles lovée dans la poitrine,
Un nœud indémêlable aux allures de prison.
C'est l'histoire de Sacha, Amba et Mélusine.


Alors j'ai mis les petits mouchoirs dans les grands;
J'ai essoré le tout à grands gestes violents.


Dans les rues d'Edinburgh, j'entends battre le tocsin,
Echo de ma poitrine. L'a vie n'a l'goût de rien.
Juste le goût du dégoût, sans ces deux disparus.

Avoir rêvé. S'être brûlée. Avoir vécu.

La nuit se referma sur elle
Comme un écrin anthropophage.
Un crac comme une ritournelle
Annonce les joies du transplanage:
La métropole sur la Tamise.
Aux alentours de Buckingham,
Non loin du Palais de Madame,
IL y avait la maison des Shield.

Lentement sa raison se dissout sous la pluie
Qui infiltre ses veines, y glisse un chuchotis:
"Prolepse vivait toujours dans l'anticipation
Et son Analepse dans l'amour des souvenirs."

L'histoire de Carpe Diem, narrée par l'homme-poisson
Réussit à ramener sur ses lèvres un sourire.

C'est lui qu'elle voulait voir, pour prendre de la distance,
Lui qui gardait encore la pureté de l'enfance.
Elle voulait lui parler de son Plus-que-Parfait,
Des jours au Canada, de l'étrange Imparfait;
Des yins, des yangs, des questions sans réponses.
De la vie, de la mort. Des utopies absconses.


Enfants d'la liberté, je serais cette clef,
Miroir aux Allouettes quand le cœur n'y est pas.
Et je jouerais à être ce qu'on attend de moi.

Je le sais: je ne suis pas là pour être aimée.



Spoiler:
 




« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
I wrote down ‘happy’.
They told me I didn’t understand the assignment,
And I told them they didn’t understand life. »
John Lennon


Dernière édition par Mélusine McEwan le Dim 7 Nov 2010 - 13:10, édité 2 fois
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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Texte d'Automne   Mar 2 Nov 2010 - 1:32

INSCRIPTION

Pseudo de l'artiste : Souricette
Lot de contraintes : aucun
Participation : inscription libre [x]

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Réservé au jury :

Titre de la chanson : ........................
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Stop mature content sexualité




L. Cullen



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La main s’échappa de la lourde chevelure brune et glissa tendrement le long de sa joue. La douce caresse s’attarda sur les lèvres charnues. Les doigts effleuraient cette bouche qui répondait à sa sollicitation par de léger baiser. Le jeu continua un temps. Les gestes se firent plus appuyant, la main plus pressante, le jeu labial plus licencieux. Un râle y mit fin.

La chevelure bascula en arrière.
La main continua son voyage vers d’autres horizons.

Le cou, rapidement exploré du bout des doigts, laissa place à des contrées au relief plus exotique. La main s’y attarda négligemment, explorant les courbes opalines avec tendresse et envie. En connaisseur, les flatteries se firent audacieuses, la lenteur des mouvements renforçait implicitement la volupté de la situation. Le frémissement du corps féminin arracha à l’homme un sourire satisfait.

L’autre sourire vient le cueillir au creux de ses lèvres. Le souffle et les rires firent le restent.

La main n’avait toujours pas quitté le sein. Si le désir ne la réclamait pas, elle serait restée attachée à ses charmes. Elle traina encore un peu, avant de plonger, avide, vers des contrées plus secrètes.



Le printemps était doux. La rosée fraichement déposée sur les pétales de fleur à peine éclos rendait l’univers magique. Le vent se réchauffait doucement dans cette première journée de nuit complète. Les sorciers, les moldus, les créatures s’inquiétaient de ce changement inhabituel. Tous paniqués.

Sauf le couple.



Les paumes contre les hanches de la demoiselle, il accompagna les mouvements lascifs qui les dirigeaient depuis le début. Ses paumes, à elle, s’appuyaient sur le torse musclé. Un temps. Les yeux s’attardèrent dans ses prunelles masculines. Un changement s’était opéré. Une main voulut s’aventurer vers ses prunelles bleu foncé mais fut arrêtée par la jouissance grandissante.



L’escapade du couple n’était pas passée inaperçue. Seul le détenteur du pouvoir d’Omens ne s’en faisait pas. Le couple arriverait en vie, et bien assez tôt.



Le souffle court, le sourire aux lèvres, les yeux pétillants, elle s’était aventurée à piquer un baiser avant de claironner.

- Tu as retrouvé la vue… alors verdict ?

Par un mouvement de basculement, il la plaça sous lui, s’amusa avec ses boucles brunes avant de murmurer à son oreille.


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- Isis…
On venait de lui taper sur l’épaule.

- Isis… tu as l’air songeur

Elle tourna lentement la tête vers Mallhouwen.

- Alors ?
- Hum… Je profite du paysage.

Isis se retourna à la contemplation de la vue imprenable de Paris. Elle resserra machinalement son écharpe quand le vent se leva. Le paysage qu’elle avait vu, deux ans auparavant, sous un printemps charmeur, se révélait tout aussi magnifique dans ce début d’automne. Les arbres avaient pris une teinte rougeâtre avec une touche de jaune. Une teinte aussi dorée que la blondeur de son compagnon d’une nuit.

- Et les joues rosies, le froid surement. Alors, qui est l’heureux élu de ce souvenir qui t’as envie ?

- Tu es trop curieuse… bien trop curieuse.


Isis sourit à sa tutrice. Les deux femmes avaient décidé de passer un weekend toutes les deux, loin de tous, pour se retrouver. Se promettant enfin que leur relation conflictuelle était finie. Passer un weekend, ensemble, de temps à autre, juste pour elle.

Isis prit la direction du Boulevard du Souffle, gardant à l’esprit son merveilleux souvenir. Ne se doutant pas un instant que cette sortie à Paris serait la première mais aussi la dernière.



Spoiler:
 
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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: Texte d'Automne   Dim 7 Nov 2010 - 0:06

INSCRIPTION

Pseudo de l'artiste : Manoue
Lot de contraintes : Lot n°1 - Intimité
Participation : je participe au concours [ ] inscription libre [X]

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Réservé au jury :

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(The Dø - On my Shoulders)

Spoiler:
 

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(Des]illusions



Des illusions on s’en berce quand on vient de terminer ses études avec d’excellents résultats et que s’ouvrent devant nous les portes du métier que l’on a toujours voulu exercer. Pour moi, avocate. Mes illusions se sont teintées d’idéalisme quand je me suis enfin retrouvée au cœur du système judiciaire. Plongée dans une fierté sans bornes je me mis imprudemment à bomber le torse dans la rue quitte à m’envoler, gonflée comme un ballon d’hélium sous le regard suspicieux des passants méfiants.

A cette époque là j’étais insouciante. J’allais enfin retourner au cabinet où j’avais fait mon stage, l’un des meilleurs de Londres : Hamilton & Wallace. Ces deux hommes sont célèbres pour l’énergie qu’ils mettent dans l'exécution de chaque requérant qui se présente contre leur cabinet. Leurs plaidoiries inspirent les juges pour retourner l’accusation et la faire tomber sur la victime. Une odeur de sang accompagne leur passage au prétoire, de véritables équarrisseurs ! Aussi, quand ils m’appelèrent pour faire partie de leurs collaborateurs, mon bel orgueil vert en fut flatté. La lettre me parvint un lundi. Dès que je l’ouvris je me mis à rougir comme une tomate. C’était le couronnement de tant d’années d’études. Mon père en avait les larmes aux yeux. J’étais fière d’être recrutée par ces loups là ! J’avais une pêche d’enfer ! J’aurais été capable de leur décrocher la lune s’ils me l’avaient demandé tant ma fierté était comblée.

Mon premier jour arriva. Devant ma glace je ne faisais pas la fière. J’étais prête, habillée, coiffée, maquillée, … le tout avec 45 minutes d’avance bien que le bureau fût à 10 minutes à pied. Même Noah s’était moqué de moi avant de partir.


_ Miss Redgrave, bienvenue parmi nous.
Un simple sourire de ma part suffit comme réponse.
_ Vous êtes à présent un membre à part entière de notre cabinet, ce qui demande une implication totale de votre part dans votre travail, et une imprégnation totale aux principes de l’étude.
_ Je ...
_ Comprenez bien que nous avons fermé les yeux sur le fait que vous ayez un jeune enfant eu égard aux capacités que vous avez démontrées pendant votre stage.

Cette phrase me tordit les entrailles et commença à me faire réfléchir. J’avais l’impression d’être transpercée par leurs regards. Aucune chance pour que je ramène ma fraise, je me sentais paralysée, fait suffisamment rare pour être souligné.

_ Nous fondons de grands espoirs en vous. Et pour que vous y répondiez, il vous faut comprendre la politique de la maison, celle que l’on n’explique pas forcément aux stagiaires. Vous, vous méritez d’être initiée.

_ Et je suis impatiente de l’être. Répliquai-je intriguée.
_ Voyez-vous Miss Redgrave, Wallace et Hamilton a toujours suivi la mouvance politique avec intuition. Nous avons toujours su naviguer, ménager les susceptibilités, et rendre les services nécessaires à l’ascension de notre affaire. Nous ne courbons jamais l’échine, nous allons là où l’on nous attend et suivons les jeunes loups. Actuellement, le cabinet commence à se rapprocher du mouvement d’Opposition. Comprenez-vous ?
_ Je ne pense pas être bête.
_ Nous prenons une famille de victimes d’Antarès, médiatique cela va sans dire. En contre partie, nous défendons environ trois suivants d’Antarès, nous deux pour les plus célèbres. Les autres, nous les laissons à nos nouveaux collaborateurs, comme vous.
_ Donc vous soutenez clairement Antarès.
_ Du moins pour les affaires. Compléta Wallace d’un œil brillant.
_ Le peuple ne soutient pas Antarès dans sa majorité.
_ Le peuple ? Un âne qui se cabre. Intervint Hamilton.
_ La Résistance ?
_ Les montagnes ont toujours fait la guerre aux plaines. Ajouta-t-il toujours aussi prompt.

Moi, je me contentais de hocher la tête. J'acquiesçais machinalement. Sans ciller je venais de leur faire allégeance, m'appropriant au passage leur ligne de conduite. Étais-je supposée faire ça? Sans doute si je voulais ce poste.

Leurs paroles flottèrent dans les airs annihilant toute capacité de réponse de ma part, et précipitant ainsi le deuil de mes idéaux. Je fermais ma gueule au mépris de toute éthique personnelle, serrant mes poings sur mes genoux. Comment avais-je pu être si aveugle pendant mon stage? Évidemment que les avocats ne sont pas de petits saints besogneux. Ils sont là pour défendre chaque citoyen en vertu du principe selon lequel tout homme a droit à une défense. Ce principe implique un esprit de neutralité de l'avocat quant aux actes de son client, et à la prise en charge de son cas. Autrement dit, on ne choisit pas ses clients. Là, je découvrais naïvement la réalité d'une politique économique.

Ils continuèrent à développer pendant que j'imaginais ma morale errer dans les limbes, attendant une hypothétique rédemption, à moins qu'elle ne se soit déjà noyée dans le Styx.

La morale s’effaçait pour laisser place à un confortable matelas de gallions censés amadouer ma conscience. Rest in peace my virtue, j’avais accepté, j’étais adoubée.

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Les satisfaire. Supporter le poids de la trahison pour eux, pour ma carrière. L’homme est l’orgueil du cèdre remplissant le roseau.

Deux jours après je me rendis au Bureau des brigadiers de la Magie en tant que commis d’office. Je devais retrouver George Pillow. La porte de sa cellule découvrit un homme d’une cinquantaine d’années, front sillonné de rides profondes, deux petits yeux cernés enfoncés dans de profondes cavités, un visage long et maigre mal rasé, fendu de deux lèvres à peine plus colorées que ses pommettes blafardes. Son apparence ne plaidait pas pour lui, son langage, si. George Pillow avait un vocabulaire riche, distingué, et des manières à faire pâlir le plus éduqué des ministres.

Ce bon Georges était soupçonné de torture et d’assassinat sur une adolescente de 15 ans. Lui-même n’essaya même pas de le nier devant moi. Un : je devais défendre un meurtrier pour prouver ma soumission à la politique de la maison. Deux : on ne pouvait pas dire que celui-ci était très coopératif. Il y avait en lui comme une volonté ordalique envers Antarès, ce qui le rendait effrayant. Autour de lui tout ne reflétait que la douleur du deuil. Ma plus profonde volonté était de le voir finir trucidé au fin fond d’une forêt d’Etat… Mais je ne pouvais pas me le permettre.

La problématique était simple pour le procès : arriver à convaincre le jury qu’il n’y a pas plus saint que mon client, et que la disparition de la victime serait arrivée un jour où l'autre au vu son comportement aguichant sans scrupule. Au verdict, je compris que je n’avais pas été très convaincante…

Lewis et Hamilton me confièrent une seconde affaire du même type. A croire qu’il n’y avait que ma pomme au cabinet pour défendre les équarrisseurs, violeurs et autres poètes.

Le second procès connut le même sort. Je remportais le troisième. De ces trois affaires je ne pus réussir à sortir indemne. Au quatrième, je réussis à faire relaxer mon client. Ce soir là je vomis encore, mais cette fois, non par dégoût de ce qu’avait fait mon client, par simple dégoût de le voir partir libre. Mi-figue mi-raisin je rentrai digérer l’infidélité faite à mes principes… Tout ça pour leur faire plaisir.

On devient avocat lorsqu’on prête serment. "Je jure, comme Avocat, d’exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité". Ça, c’est en théorie. Le serment ne fait que flatter l’orgueil des jeunes diplômés devant le jugenmagot lors de la cérémonie. Là, on se sent grand, important, imbus de pouvoir dans ce lieu ayant abrité quelques-unes des plus célèbres passes d’armes d’avocats. En pratique, c’est une autre histoire.

Le salut de mes convictions vint pour moi de la demande expresse du Ministère de la Magie. L’Institution demanda à mon cabinet de me libérer afin de m’envoyer en mission diplomatique en France. Lewis et Hamilton en furent honorés, tout comme la réputation du Cabinet. Pour un temps au moins je trouvai le moyen de les rendre fiers de m’avoir près d’eux sans pour autant me renier.




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